La COP 21, Conférence des Parties pour l’environnement, se tient du 30 novembre au 11 décembre à Paris. L’objectif est d’aboutir à un accord pour limiter le réchauffement climatique à 2°C et les émissions polluantes. Cette fois-ci, le bâtiment est mis à l’honneur, avec une demi-journée dédiée au secteur de la construction.

Le BTP : un gros consommateur d’énergie

Compte tenu de l’urbanisation dans le monde et du volume des activités de construction en conséquence, le secteur du BTP est un fort consommateur d’énergie. C’est donc un secteur prioritaire afin de réduire les consommations de CO2. Ainsi, en France, le secteur :

  • produit 70% des déchets,
  • consomme 45% de l’énergie
  • émet environ 25% des gaz à effet de serre.

Dans les pays du Nord, la plupart des bâtiments dont nous aurons besoin à l’horizon 2050 existent déjà, le but est donc la rénovation. A l’inverse, les pays du Sud ont des besoins forts en construction. Par exemple, l’Inde a prévu de doubler son parc immobilier résidentiel sur le long terme. Ainsi le secteur n’est pas prêt de s’arrêter et constitue un interlocuteur incontournable vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Un après-midi spécial à la COP 21

L’après-midi du 3 décembre de la COP 21 a donc été consacré à cette thématique, sous le nom de « zone bleue, Building day ». Ceci a été l’occasion de réunir l’ensemble des acteurs du BTP, pour rassembler, améliorer et amplifier les expériences novatrices dans ce secteur, comme les bâtiments intelligents. Cette mise à l’agenda prioritaire résulte d’une action conjointe de la France et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Au programme de la discussion : le rôle du public, les synergies entre les acteurs et le financement nécessaire. A cette occasion, dix-huit pays (en Europe, en Amérique, en Asie et en Afrique) et quelques 60 organisations (entreprises du BTP mais aussi collectivités ou ONG) se sont lancés dans une « Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction ».

Comment améliorer l’impact sur l’environnement ?

Les acteurs se sont engagés, dans cette Alliance mondiale :

  • à réduire la demande énergétique,
  • responsabiliser la chaîne de valeur,
  • développer les énergies renouvelables.

Le Grenelle de l’environnement avait déjà engagé la dynamique d’une construction et de rénovations plus « vertes ». Mais c’est une grande première à la COP 21 avec des accords d’une ampleur mondiale. Les propositions sont diverses, avec par exemple la mise en avant de la logique vertueuse des circuits courts pour limiter les émissions de CO2, la rénovation énergétique ou l’éco-conception.

La France s’implique dans l’Alliance à travers le Plan Bâtiment Durable, qui engage les acteurs de la filière nationale en visant notamment la rénovation du parc immobilier. Les acteurs sont positifs sur les résultats pour le futur de cette COP 21, mais ceci va nécessiter des budgets importants, estimés à 220 milliards de dollars afin d’atteindre la transformation du secteur pour 2050. Il va ainsi s’agir d’inciter les institutions financières à investir dans le secteur.