Le BTP, un secteur fortement exposé aux accidents du travail

Le constat est saisissant mais pas surprenant. D’après les chiffres de « l’assurance maladie – Risques professionnels » publiés en 2014 par l’INRS, 16.3% des accidents du travail répertoriés en France étaient recensés dans le BTP alors que ce secteur ne représentait que 8.5% des salariés en 2013.

Quant aux  accidents mortels (145 en 2013), ces derniers représentaient 26% du total en dépit d’une chute de 24% entre 2000 et 2013. Ces quelques chiffres illustrent la très forte dangerosité du secteur et la nécessité de mettre en place des mesures de précaution afin d’abaisser ce nombre.

Néanmoins, un effort semble avoir été effectué puisque si entre 2000 et 2013, le nombre de salariés a augmenté de 27%, le nombre d’accidents ayant provoqué une interruption temporaire ou permanente de travail a diminué respectivement de 20% et 26%. Quant aux accidents mortels sur les chantiers, ils ont baissé de 24% sur la même période. Un secteur à risque mais qui a semble-t-il pris des mesures préventives pour les limiter.

Les principaux accidents du travail identifiés dans le secteur des travaux

Dans son étude, l’INRS distingue 4 principales sources d’accidents du travail en 2013* :

     1. La manutention manuelle (48%)

La manutention manuelle reste la première cause d’accidents (un accident sur deux) dans le BTP. Elle se produit sur l’ensemble des types d’ouvrage. Sont concernés par ces accidents, la manutention de charges comme les banches, les poutres, panneaux et qui provoquent généralement des douleurs de dos, des contusions ou des chutes.

Afin de limiter les accidents, il est essentiel de :

  • Etre vigilant sur son environnement de travail
  • Privilégier l’utilisation d’un matériel adapté pour la manutention de charges importantes
  • La formation aux bons gestes de manutention

   2. Les chutes en hauteur (18%)

Cette sous-partie concerne les chutes en hauteur, essentiellement d’un échafaudage, d’une échelle ou d’une nacelle. Elle représente la 2ème source d’accidents mortels après ceux de la circulation, il est donc essentiel d’adopter de bonnes pratiques, parmi lesquelles :

  • Eviter les risques en limitant le travail en hauteur (exemple : assembler une charpente au sol avant son installation)
  • Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités et les traiter (exemple : installer un garde-corps périphérique en rive de dalle lorsqu’un risque de chute est constaté)
  • Utiliser le matériel adapté en fonction des travaux à réaliser

Pour aller plus loin, voici un guide détaillé de prévention rédigé en partenariat par l’Assurance Maladie, l’OPPBTP et l’INRS.

  3. Les outillages main (16%)

Les accidents surviennent sur l’ensemble des chantiers. Les risques sont une coupure ou une piqûre qui peuvent provoquer des troubles muscuolosquelletiques. Considérés à tort comme peu dangereux, les éclats de métal, les projections de particules, etc …, causent de nombreux accidents. Certaines dispositions doivent être prises :

  • Utiliser des équipements de protection (lunettes, gants, …)
  • Vérifier l’état des outils avant leur utilisation
  • Éviter les vêtements flottants ou les bijoux …

Pour obtenir davantage d’informations sur la prévention des risques, vous pouvez télécharger la documentation publiée par l’organisme fp2e.

    4. Les chutes de plain-pied (10%)

La chute plain-pied est provoquée par un déséquilibre, un faux pas, un trébuchement. Cette chute peut se produire si le sol est glissant ou déformé ou si l’obstacle n’a pas été perçu. De même, les conditions météorologiques sont également la cause de multiples accidents du travail. En clair, le danger de l’accident dépend de l’environnement dans lequel la chute va avoir lieu.

*Ces statistiques sont établies à partir d’accidents enregistrés par le Comité Technique Nationale et ayant généré une interruption temporaire de plus de 4 jours. Suite au changement de comptabilisation (nouvelle nomenclature européenne), seul 54% des accidents ont été enregistrés dans l’étude.

Concernant la mise en application des mesures préventives, un supplément d’information est disponible sur le site de l’INRS ou en téléchargement.

Accidents du travail
Améliorer la sécurité en insistant sur la prévention !

Quelques pistes pour améliorer la prévention sur vos chantiers

    1. Évaluation des risques et rédaction d’un document unique

Le document unique est un outil d’évaluation des risques qui a deux principaux objectifs : cartographier les risques et établir un plan d’action afin d’améliorer la sécurité sur les chantiers. En clair, il s’agit d’identifier, d’analyser et de hiérarchiser les risques.

Il existe un nombre important d’outils permettant à l’entreprise de rédiger le document unique. Ainsi, la CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie) recommande d’utiliser un outil d’aide à l’évaluation adapté à l’activité de l’entreprise.

    2. Les ressources utiles

  • Mémento prévention

Ce mémento prévention recense toutes les bonnes pratiques à adopter sur un chantier ou celles à éviter pour limiter le risque d’apparition d’un accident.

  • Analyse des accidents BTP

Vous retrouverez une analyse des accidents effectuée par l’INRS à partir de la base de données EPICEA. L’étude très complète permet de rendre compte de la répartition des accidents selon le type d’activité (bâtiment, travaux publics ou mixtes), sur la nature et le type d’accidents ainsi que les causes de ces derniers (défaillance de matériel, état du support, les conditions météorologiques, une conception du travail défectueuse, etc…)

  • Film scènes de chantiers ordinaires

Scènes de chantier ordinaires a pour principaux mots d’ordre : la prévention des accidents du travail à travers l’anticipation et l’organisation. Il coûte 50€ et pour vous le procurer, il suffit d’envoyer un mail à service.diffusion@inrs.fr.

Limiter les accidents du travail : quelques organismes pour vous soutenir

  • Accompagnement de l’OPPBTP

L’Organisme Professionnel Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics propose des missions de « conseil, formation et information […] pour aider les entreprises dans leur démarche de prévention »

  • Les aides financières OPPBTP

Dans sa démarche de prévenir les accidents du travail, l’OPPBTP a mis un place un système d’aides financières, en subventionnant une partie des dépenses (pourcentage ajusté au montant de la dépense) qui permet de lutter contre les chutes en hauteur (nacelle élévatrice, protection de baies et trémies, tour d’accès). Par exemple, si le matériel coute 5000€, l’OPPBTP vous donnera une subvention de 2500€.

Précision importante : pour avoir accès à ces subventions, il faut être adhérant de l’association et être une entreprise de moins de 150 salariés.

  • Une approche économique de la prévention

Investir dans la prévention par l’achat de matériel peut se révéler économiquement très rentable. C’est en tout cas, l’un des enseignements de l’étude de l’OPPBTP à travers le cas de 101 entreprises étudiées. D’après cette dernière, 1€ investi rapporterait en moyenne 2€19 (ce chiffre peut monter à 3€11 pour les TPE). De même, le payback moyen (temps requis pour couvrir le montant de l’investissement) serait d’une année et demie alors que l’investissement s’étale sur 5 ans.

  • Le dispositif d’aide lancé par l’Assurance Maladie

L’assurance Maladie peut octroyer une subvention pour l’achat de matériels visant à prémunir les troubles musculo-squelettiques. Ainsi, toute entreprise éligible peut recevoir une subvention égale à 70% du coût de l’achat. A noter également que l’aide est plafonnée à 25 000€.

Pour les plus téméraires quelques images d’accidents imminents, à ne pas imiter bien entendu !!!

accidents du travail : A ne pas faire !
Attention au dos !!

 

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A ne surtout pas faire !

 

Accidents du travail
Un accident imminent va se produire

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